CÉSAIRE (Aimé)

Cahier d'un retour au pays natal

Paris, Bordas, 1947

In-12 (18,8 x 12 cm), broché, couverture imprimée, 96 pp., 2 ff. n. ch.

Première édition française, en partie originale. Elle a été publiée sous l’impulsion d’André Breton qui en avait donné une version bilingue trois mois plus tôt à New York chez Brentano’s. Le texte a été modifié par l’auteur. Une traduction espagnol (Retorno al pais natal) avait paru à la Havane en 1943.

Photographie d'une composition de Wifredo Lam en frontispice.

Un des 50 ex. imprimés sur vélin pur fil (seul grand papier).

Longue et importante préface d'André Breton (18 pp.) intitulée "Un grand poète noir". Le surréaliste y célèbre "le plus grand monument lyrique de ce temps". Il dit attendre avec impatience, à la date de 1943, "le jour où, hors de ces colonies, la grande masse des hommes de couleur cessera d'être tenue à distance outrageante et cantonnée dans les emplois pour le moins subalternes. Si cette attente était déçue par les règlements internationaux qui entreront en vigueur à l'issue de la guerre actuelle, force serait de se ranger définitivement, avec toutes les implications que cela comporte, à l'opinion que l'émancipation des peuples de couleur ne peut être que l'oeuvre de ces peuples eux-mêmes." Ce texte sera repris dans le recueil Martinique charmeuse de serpents (1948).

Bel exemplaire broché.

Premier texte publié par Aimé Césaire (1913-2008), qui avait détruit tous les poèmes composés durant ses années d'études à Fort-de-France, puis à Paris. À la veille de quitter la métropole, il en donna une première version, publiée en août 1939 dans la revue Volontés. Le poème se présente comme une satire des colons, mais aussi de la "négraille" dont il stigmatise la léthargie politique et intellectuelle. Le Cahier d'un retour au pays natal assura à Césaire un prestige incomparable en Afrique noire et en Amérique, où la négritude s'imposa comme le thème central des littératures engagées dans le procès de la colonisation.

1 500 €