PEREC (Georges) & QUEYSANNE (Bernard)

Un Homme qui dort

Gabor, s.d. [1974]

Affiche (60 x 40 cm) imprimée en noir et blanc, sous encadrement (verre anti-UV)

Très rare affiche originale du film coréalisé par Georges Perec et Bernard Queysanne, adapté du roman éponyme de Georges Perec publié par Denoël en 1967 dans la collection "Les Lettres Nouvelles".

Elle est illustrée, dans sa partie inférieure, de la silhouette en négatif de Jacques Spiesser (le seul acteur du film) marchant dans Paris, d'après une photographie de Claude Schwartz (photographe de plateau).

Après une poignée de projections privées au studio Antégor en janvier 1974 et malgré le refus des cinémas parisiens de projeter le film jugé trop expérimental, Un Homme qui dort reçoit à l'unanimité le Prix Jean Vigo le 21 mars 1974.

Peu après une petite salle parisienne du quartier Latin maintenant disparue, Le Seine, accepte de le diffuser. Il y reste à l'affiche du 24 mars au 8 octobre 1974.

Le film est présenté à Cannes, hors concours en mai 1974 et projeté à l'occasion de plusieurs festivals au cours de l'année 1974 : à Toulon, Karlovy Vary et Los Angeles en juin, à Edinburgh en août, à Thonon-les-Bains et Turin en octobre et à Carthage et au London Film Festival en novembre.

Le film ressortira en salle en 1990 et sera projeté le 12 janvier 1994 à l'occasion de l'exposition consacrée à Georges Perec à la BPI du Centre Georges Pompidou du 17 novembre 1993 au 24 janvier 1994.

L'affiche originale manquerait à la collection de la Cinémathèque française, la Cinémathèque de Toulouse conservant une affiche grand format (121 x 60 cm) imprimée par Levillain Imprimerie en 1990 (réf. AP 4045).

Film à double signature, celle de l’écrivain disparu et du cinéaste Bernard Queysanne, travaillé à partir du texte initial de Georges Perec, dûment calibré par les auteurs. Une réflexion commune, un propos très concerté ont généré une œuvre novatrice, singulière, hors du temps. En voici le livret - car le film est construit comme une partition musicale, en plusieurs mouvements : un étudiant remet en cause toutes ses activités et tous ses projets et se plonge volontairement dans une sorte d’hibernation. Pendant plusieurs mois, il vit ainsi en dehors du temps, en dehors du monde jusqu’à ce qu’apparaissent les limites et les dangers de cette expérience radicale et c’est douloureusement qu’il reprend pied sur la terre des vivants. Histoire qui induit une recherche formelle et sonore importante, au service de l’idée "d’infra-ordinaire", chère à Georges Perec, qui la sous-tend.

750 €