L’AVIS DU LIBRAIRE

 

L'exemplaire de Maurice Rollinat : « Ces morts qui le feront rire / de son rire macabre ».

BARBEY D'AUREVILLY (Jules)

Du dandysme et de George Brummell

Paris, Lemerre, 1879

16,3 x 9,8 cm, demi-percaline rouge à coins, deux plats de couverture conservés (reliure de Paul Vie et C. Sevin), 4 ff. n. ch. (f. blanc, faux-titre, portrait de l'auteur, titre), X pp. (préface), 1 f. n. ch. (portrait de Brummell), 127 pp., 1 f. n. ch.

Troisième édition, en partie originale, illustrée de deux portraits gravés à l'eau-forte par Martinez, l'un de l'auteur, l'autre de Brummell (1778-1840).

Formidable envoi autographe signé de l'auteur rédigé à l'encre rouge : "à mon ami Rollinat / Ces morts qui le feront rire / de son rire macabre. / J. Barbey d'Aurevilly".

Cette dédicace figure parmi les huit portées sur l'édition de 1879 de Du Dandysme... citées dans Les Dédicaces à la main de M. J. Barbey D'Aurevilly (A. Blaizot, 1908). C'est la plus savoureuse à notre goût.

Cette édition ajoute à la 2e édition (Poulet-Malassis 1861), une deuxième partie : "Un Dandy d'avant le dandysme" étude sur Lauzun, dont c'est l'édition originale. La première édition (Caen, 1845, 250 ex.) n'avait pas été mise dans le commerce.

Bel exemplaire en percaline signée, très légers frottements à la coiffe supérieure et aux coins.

Les livres provenant de la bibliothèque de Maurice Rollinat ne se rencontrent pas fréquemment, la plupart d'entre eux étant encore conservés par ses descendants.

Provenance : Maurice Rollinat (envoi), Bibliothèque Georges Haviland (super-libris doré figurant au dos de la reliure)

"En relisant le livre "du Dandysme", par M. Jules Barbey d'Aurevilly, le lecteur verra clairement que le dandysme est une chose moderne et qui tient à des causes tout à fait nouvelles." (Charles Baudelaire, Salon de 1846, XVIII).

Poète, membre des Hydropathes et habitué du Chat noir, Maurice Rollinat (1846-1903) est l'auteur d'une dizaine de recueils poétiques. Il participera au Dizains réalistes et publiera son premier recueil - Dans les brandes - en 1879, année de la publication de la troisième édition de Du dandysme.

Son chef-d'oeuvre, Les Névroses, paru quatre ans plus tard, en 1883, comporte nombre de pièces décadentes, étranges, fantastiques et macabres dans lesquelles le diable est omniprésent et omnipotent, deux d'entre-elles - "La Peur" et "Le Meneur de loups" - étant dédiés à son ami Jules Barbey d'Aurevilly qui voyait en lui un "Diable d'acier", pouvant "être supérieur à Baudelaire par la sincérité et la profondeur de son diabolisme".

Clovis Sevin exerça la profession de relieur de la fin du XIXe et au début du XXe siècle. Il racheta l'atelier de Paul Vie en 1907.

Les Dédicaces à la main de M. J. Barbey D'Aurevilly, A. Blaizot, 1908, p. 74

3 000 €