L’AVIS DU LIBRAIRE

 

Un des 50 exemplaires pour les archives de la maison Grasset, seul tirage en 1926 avant l'édition publique de 1950

HÉMON (Louis)

Monsieur Ripois et la Némésis

Paris, Grasset, 1926

In-12 (18,3 x 11,5 cm), simili-box noir, dos lisse, étiquette de titre rouge, couverture et dos conservés, 3 ff. n. ch. (blanc, faux-titre, titre), 314 pp., 1 f. n. ch.

Rare édition originale française.

Tirage limité à 50 exemplaires numérotés pour les archives de la maison Grasset (celui-ci portant le n°22).

Sobrement relié.

Provenance : Bibliothèque Maurice Bouvier-Ajam (ex-libris) 

Écrivain né à Brest, Louis Hémon (1880-1913) disparaît à l'âge de 32 ans en Ontario. De son oeuvre romanesque, publiée à titre posthume, on retient principalement Maria Chapdelaine - le roman du "Canada français" où l'auteur s'était exilé en 1911 - qui connaîtra un succès extraordinaire, en faisant, pendant un temps, le roman français ayant connu le plus grand tirage.

C'est en 1911, que Louis Hémon entreprend la rédaction de Monsieur Ripois et la Némésis, roman narrant l'existence d'un exilé français employé à ne rien faire dans une grande firme londonienne, enchaînant, avec cynisme, de nombreuses expériences amoureuses.

Comme le note Aurélien Boivin ("A la découverte de Louis Hémon", Québec français, octobre 1980) : « Le caractère de Monsieur Ripois ressemble étrangement à celui de Hémon qui vient de connaître une aventure amoureuse à Londres. En Monsieur Ripois, le don juan raté, Louis Hémon, le timide, s'est projeté pour revivre avec remords son aventure avec Lydia O'Kelly qu'il a abandonnée lui aussi après la naissance d'une fille. »

Dans le roman, la femme abandonnée se prénomme Ella. Après l'avoir quittée, suite à la découverte de sa grossesse, pour une passade avec une riche héritière, Mr Ripois tente en vain, de revenir à elle. Ayant appris son décès, il rentrera se morfondre en France.

En 1926, Monsieur Ripois et la Némésis fit l'objet d'un "tirage d'archive" confidentiel, limité à 50 exemplaires, en 1926 par Grasset, la soeur de l'auteur, Marie Hémon, refusant, semble-t-il, d'autoriser sa diffusion par crainte de l'incompréhension du lectorat canadien et afin de préserver l'image de « jeune homme de bonne famille » de son auteur.

En effet, Marie Hémon, n'eut de cesse de présenter son frère sous les traits d'un bourgeois, catholique, amoureux de sa terre d'origine et de sa patrie alors qu'il s'était inscrit en rupture avec ses origines bourgeoises, ne pratiquant aucune religion, fuyant la France pour l'Angleterre puis le Québec.

En 1950, le roman paraît en feuilleton dans Samedi-Soir ; puis la même année il est enfin diffusé en volume au public par les éditions Grasset.

En 1954, le roman sera adapté au cinéma par René Clément - c'est son meilleur film - d'après des dialogues co-écrits avec Raymond Queneau et avec Gérard Philippe dans le rôle principal.

900 €