BERGSON (Henri)

Lettre à [Jean Becquerel] concernant Durée et simultanéité à propos de la Théorie d'Einstein

Paris, 25 avril 1923

LAS de 3 pp. au format in-8 (21 x 13,6 cm), rédigée à l'encre sur un bifeuillet de papier crème, traces de plis

Belle lettre autographe signée concernant l'édition augmentée de Durée et simultanéité à propos de la Théorie d'Einstein, parue chez Alcan en 1923.

Transcription :

"Paris, 32 rue Vital / 25 avril 1923

Mon cher collègue,

Je me fais un plaisir de vous adresser la nouvelle édition de mon petit livre. Le texte est resté ce qu'il était, mais j'y ai joint des appendices dont vous êtes, en partie au moins, responsable. Dans le troisième, en effet, je cite vos très intéressantes pages sur le "temps propre" et les lignes d'Univers, et, tout en les déclarant parfaites du point de vue physico-mathématique, je montre comment le philosophe doit, à mon sens, les interpréter.

D'autre part, je cite dans le premier de ces trois appendices, sans en nommer l'auteur, la lettre que vous aviez bien voulu m'écrire, afin de montrer, ici encore, la différence de point de vue entre la science pure (qui, pour mesurer et utiliser les choses, est obligée de les représenter symboliquement) et la philosophie, qui prétend porter sur les choses mêmes.

Dans cet appendice je ne vous ai pas nommé (il va d'ailleurs sans dire que, de toute manière, je ne vous aurais pas nommé sans votre autorisation) afin de ne pas donner à notre échange de lettres l'aspect d'une polémique, comme il arrive quand l'attention du lecteur est appelée sur les personnes : il y a simplement, d'un côté une objection qui vient naturellement à l'esprit du physicien et à laquelle j'ai laissé la forme que vous lui avez donnée parce qu'il m'était impossible d'en trouver une plus précise ; et, de l'autre, une réponse qui me paraît s'imposer et que j'avais essayé, de mon côté, de formuler avec le maximum de rigueur.

Je vous remercie encore une fois, mon cher collègue, d'avoir appelé mon attention sur ces difficultés, et je vous prie de croire à mes sentiments les plus dévoués. H. Bergson".

Physicien français, Jean Becquerel (1878-1953) fut l'un des premiers promoteurs de la théorie de la relativité et de la physique quantique en France, publiant en 1922, Le Principe de relativité et la théorie de la gravitation (Gauthier-Villars) qui fera date.

Jean Becquerel publia une "Critique de l'ouvrage Durée et Simultanéité" de M. Bergson dans le Bulletin scientifique des étudiants de Paris, en mars avril 1923, après avoir adressé une longue lettre, datée de 24 septembre 1922 à Henri Bergson à propos du même essai.

A l'occasion de la réédition de Durée et Simultanéité en 1923, Bergson avait décidé d'ajouter en annexe de longs extraits des deux documents cités ci-dessus.

Il s'en explique dans la lettre à Becquerel que nous proposons.

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