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[RIMBAUD (Arthur)] PEILLET (Emmanuel)

[RIMBAUD (Arthur)] PEILLET (Emmanuel)

Appellation controlée suivi de Une vie d'ange

s.d. [1946]

Manuscrit autographe de 3 pp. au format in-4, rédigé à l'encre noir au verso de factures des champagnes Pommery & Greno

Manuscrit autographe de deux textes relatifs à Arthur Rimbaud.

Dans le premier, titré "Appellation contrôlée", Emmanuel Peillet tire à boulets rouges sur Le Rimbaldien, revue ardenanaise éditée par des cheminots humanistes : « [...] Lorsqu'en 1927 on inaugura à Charleville, avec toute l'ignominie officielle, dans le square de la gare "aux mesquines pelouses", ce qu'on appelait "le buste du poète", - les surréalistes distribuèrent leur manifeste "Permettez". Rédigé par Queneau & signé de tout le groupe (y compris Aragon, Eluard, Sadoul...), il soulignait violemment l'anarchisme, l'immoralité, l'antipatriotisme (& même, un illustre critique le rappela naguère au C.N. des écrivains, le collaborationnisme) de celui qui écrivait: "Ma ville natale est supérieurement idiote". Faudrait-il recommencer ?

Et quand le Rimbaldien s'efforce à sa manière d'illustrer ce jugement de Rimbaud, ira-t-on s'étonner si, comme nous croyons le savoir, de jeunes Carolos dégoûtés & qui pour un peu réclameraient l'institution d'une Appellation contrôlée en poésie; se mettent en tête de jouer un sale tour à ces infortunés (très infortunés) littérateurs ? On ne saurait mieux dire que de citer ici la chanson du Décervelage : "Tu m'as volé, c'est pas moi qui t'plaindrai". ».

Dans le second, il livre une chronique assassine de "Résonances autour de Rimbaud", de Marguerite Yerta-Méléra publié aux Editions du Myrte en 1946.

Retranscription partielle : « Mme Yerta-Méléra vient de déposer une nouvelle petite crotte dans l'édicule Rimbaud, hygiéniquement construit en style jésuite par la firme Claudel Claudel Limited. Événement sans grande conséquence (1). [...] Le truquage des Lettres d'Abyssinie ? D'abord ce n'est pas Paterne Berrichon (pourtant Mme Méléra a parlé jadis de ces épreuves d'imprimerie, où il a rayé de sa propre main les réflexions de Rimbaud sur la traite, ou sur le mariage de son frère), c'est Isabelle. Ensuite ? Eh bien, ça suffit : Isabelle était une grande âme, une sainte pour tout dire (C'est bien ce qu'on lui reproche). Les négligences, les "inventions" de Berrichon ? Broutilles... Le livre finit en une diarrhée d'euphémismes. La sodomie, minimisée dans ce coulis, semble à la portée de n'importe quel Père de l'Eglise, & si Rimbaud a parlé "d'ignobles pignoufs", on nous avertit au préalable aue "sous sa plume épistolaire (sic) les mots n'ont qu'une valeur de bruits". [...]

750 €