New
COCTEAU Jean L'Ange pris manuscrit autographe dessins originaux ratures et corrections

COCTEAU (Jean)

L'Ange pris [Ange tirant la langue]

s.d.[1925-1927]

Manuscrit autographe et dessin original à l'encre au recto d'un feuillet de 26,9 x 21 cm

Manuscrit autographe de deux versions primitives du poème titré L'Ange pris : un premier jet avec ratures et corrections et une version mise au net présentant plusieurs différences textuelles avec le premier jet.

Illustré de 2 dessins originaux à la plume dans la partie supérieure figurant un visage de profil et un ange en pied.

Transcriptions :

Premier jet

« Piaille, ange, pris au piège, mais n’explique,
à ce gendarme ; (il ne t’écouterait pas)
Ces carreaux cassés ou flaques
gardent curieuse empreinte de tes pas

Tu ferais mieux de fondre comme neige
Et au besoin de laisser là ton pied :
Un gendarme et un pied seul dans un piège.
Alors tu rirais aux éclats, bel estropié ! »

Deuxième version

« Piaille, ange, pris au piège, mais n’explique,
(Ce gendarme ne t’écouterait pas)
Tous les carreaux cassés, les flaques
Portent l’empreinte nette de tes pas

Tu ferais mieux de fondre, garçon de neige,
Au besoin laisse là ton pied
Un gendarme et un pied seul pris au piège,
Il y aurait de quoi rire ! même estropié ! »

L'Ange pris fut publié dans le recueil Opéra, publié par Stock en 1927 sous le titre Ange tirant la langue dans une version très légèrement différente de notre deuxième version : "les flaques" remplacé par "toutes les flaques", "l'empreinte nette" par "la grande empreinte", et quelques différences de ponctuation.

Les deux versions de notre manuscrit étaient restées inconnues de David Gullentops qui n'en fait pas mention dans les Œuvres poétiques complètes de Jean Cocteau parues en 1999 dans La Pléiade.

"Les poèmes d'Opéra sont les premiers que j'estime être vraiment de mon essence." (Cocteau, Entretiens avec André Fraigneau, p. 71-72)
« Pour André Fraigneau, Opéra était "le premier livre de poésie pure depuis des années" et apportait au lecteur de l'époque "cette part réelle d'absolu dont [ils mourraient] de faim ». (David Gullentops, Notice d'Opéra in Œuvres poétiques complètes, pp.1689-1690).

Jean Cocteau, Œuvres poétiques complètes, Gallimard, Coll. "La Pléiade", p. 522

1 200 €