L’AVIS DU LIBRAIRE
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Formidable exemplaire dédicacé à Clotilde Vail avec laquelle Aragon entretint une relation amoureuse en 1923 |
Une vague de rêves
Paris, Hors commerce, 1924
Plaquette grand in-8 (23,5 x 18,8 cm), broché, couverture orange imprimée en noir, 38 pp., 1 f. n. ch.
Rare édition originale (pas de grand papier).
Très bel envoi autographe signé d'Aragon à son amante des beaux jours de 1923, Clotilde Vail: "Quand je suis arrivé chez Zelli, vous veniez de sortir, Clotilde, et il restait en l'air le souvenir de votre passage Louis Aragon".
Tiré à part, à petit nombre, du n° 2 de la revue Commerce - la mention "Hors Commerce" en couverture des exemplaires ayant un double sens.
Texte liminaire de Ben Johnson [Jonson], extrait de Volpone.
Bel exemplaire, broché, tel que paru.
Cet essai fondateur du surréalisme, précèdant de peu le Manifeste d’André Breton, se clôt par l'appel emblématique : "Qui est là ? Ah très bien : faites entrer l'infini". Peu après, Aragon se lancera dans la rédaction d'un ambitieux roman: La Défense de l'infini, jamais achevé et qui sera en grande partie détruit par son auteur alors même que son comparse André Breton n'avait de cesse de vilipender le genre romanesque.
Franco-américaine aux multiples talents, Clotilde Vail (1895-1935) fit la rencontre d'Aragon au printemps 1923 à Giverny. S'en suivit une relation amoureuse intense. Des clichés de Man Ray immortaliseront un séjour passé le couple en compagnie de Kiki-de-Montparnasse, Laurence Vail, le frère de Clotilde, et Peggy Guggenheim qui venait d'épouser ce dernier, tout prêt de Vernon où se situe l'action du Con d'Irène
Cette idylle, certes passagère car elle prit fin à l'été 1923, n'en fut pas moins décisive pour Aragon, qui n'avait guère connu d'expérience charnelle avec des femmes de son milieu. Aragon confiera à Gaston Gallimard :« Et je vous le dis, je suis amoureux. Amoureux sans raison, d'une femme qui n'est pas du tout jolie, mais dont je suis amoureux. Je ne peux pas parler d'autre chose, tout me devenant un peu particulier. En gros, le principal est là : je suis amoureux. »
Pierre Daix avance ainsi "qu'après tout Denise [Lévy] et même la Dame des Buttes-Chaumont [la Blanche de Blanche ou l'oubli], même Nancy [Cunard] furent des aventures qui comptèrent plus dans ce qu'Aragon écrivait de lui-même que comme expérience sensuellement amoureuse. La seule exception semble avoir été Clotilde qui m'a valu cette sèche remarque d'Aragon pour avoir écrit en 1974 qu'elle était "belle, pleine d'esprit": "On ne parle pas de ce qu'on ne connaît pas."
Les audaces pornographiques du Con d'Irène auraient-elles pu voir le jour sans Clotilde Vail, même si son héroïne dérive de multiples sources ?
Quoiqu'il en soit, Aragon lui dédia Au pied du mur paru dans Le Libertinage, recueil contemporain d'Une vague de rêves.
Restaurant dancing, situé rue Fontaine, à deux pas de chez André Breton, et ouvert toute la nuit, le Zelli's était fréquenté par le tout Paris, la communauté d'expatriés américains et les surréalistes à l'occasion. L'alcool y coulait à flots.
Julian Kristeva, "Irène, Blanche et l'oubli", in Aragon, le souci de soi (Textuel, 1999)
3 000 €
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