L’AVIS DU LIBRAIRE

 

L'exemplaire en grand papier de Joris-Karl Huysmans finement relié par David

FLAUBERT (Gustave)

Trois contes

Paris, Charpentier, 1877

In-12 (18 x 11,5 cm), plein maroquin rouge, important décor végétal et de doubles filets droits et courbes dorés, réseau d’entrelacs au milieu de chaque côté, médaillon ovale laissé en réserve au centre, dos orné d’une longue tige fleurie « filant sous les nerfs », doublure de maroquin vert foncé, jeu de filets dorés droits et courbes dans les angles avec fers à la rosace, gardes de moire ardoise, tranches dorées, non rogné, couverture (S. David), 3 ff. n. ch. (blanc, faux-titre, titre), 248 pp., 2 ff. n. ch. (table, blanc), truffé d'un portrait gravé et de 70 gravures disséminées

Édition originale.

Le recueil comprend Un Cœur simple, La Légende de Saint Julien l’Hospitalier et Hérodias.

Un des 12 premiers exemplaires sur chine.

Ex-libris autographe de Joris-Karl Huysmans, à l’encre bleue, sur un feuillet de papier ordinaire placé entre la couverture et le faux-titre.

On connait l’admiration que Huysmans vouait à Flaubert, qu’il qualifiait de merveilleux génie (lettre à Camille Lemonnier, mai 1877), l’auteur évoquant notamment les incomparables pages de La Tentation de saint Antoine et de Salammbô dans son roman À Rebours (1884, p. 240).

Notons que le célèbre dîner chez Trapp du 16 mai 1877 avait été offert par Huysmans et ses collaborateurs (Guy de Maupassant, Henry Céard, Octave Mirbeau et Paul Alexis) du futur recueil des Soirées de Médan (1880) à leurs trois maîtres littéraires : Flaubert, Zola et Edmond de Goncourt. Les cinq convives avaient souhaité saluer leurs œuvres, notamment la récente parution des Trois contes.

Exemplaire enrichi du portrait de Flaubert gravé à l’eau-forte par Champollion et la suite des 70 compositions gravées d’après Georges Rochegrosse, Émile Adam et Luc-Olivier Merson pour les éditions Ferroud de 1892, 1894 et 1895, le tout tiré sur chine.

Remarquable reliure en maroquin doublé de Salvador David, dont le modèle décoratif est inspiré des reliures du XVIe siècle.

Des bibliothèques Paul Voûte (1938, n°295), Laurent Meeûs (n°1079) et R. & B. L. VII (n°87).

Fines piqûres sur les tranches. Petites déchirures marginales restaurées aux pp. 225-226 et 235-236.

30 000 €