L’AVIS DU LIBRAIRE

 

L'exemplaire du "troisième manifeste" en grand papier, imprimé pour la mère de Paul Éluard

BRETON (André)

Les Vases communicants

Paris, Editions des Cahiers Libres, 1932

Petit in-8 (19,4 x 14,3 cm), broché, couverture rempliée imprimée en noir, 1 f. n. ch. blanc, 172 pp., 1 f. n. ch. (achevé d'imprimer)

Edition originale.

Un des 25 ex. numérotés imprimés sur Japon impérial (seul grand papier avant 2 000 ex. sur vélin Omnia), celui-ci, probablement surnuméraire car numéroté en chiffre arabe, portant le n°8.

Exemplaire imprimé spécialement pour la mère de Paul Eluard, portant cette mention imprimée : "Exemplaire imprimé pour Madame Jeanne Grindel", sans la couverture repliée portant la composition en rose de Max Ernst.

Exemplaire broché, non coupé, tel que paru, à l'état de neuf.

Provenance : Jeanne Grindel, mère de Paul Eluard (exemplaire nominatif)

Marguerite Bonnet et Étienne-Alain Hubert soulignent l'importance du livre, "qui mérite pleinement d'être considéré comme un troisième manifeste. Il marque pour Breton, après les expériences douloureuses des années 1931-1932, un de ces ressaisissements dont il est coutumier quand les crises individuelles et collectives menacent son intégrité intellectuelle et psychique ainsi que l'existence même du groupe. Mais il va bien au-delà. Tentative pour penser la totalité de la vie à la fois à partir de l'exploration du monde intérieur menée grâce à l'apport de Freud et à partir de la présence du monde tel que permettent de l'appréhender - après et parfois avec Hegel - Marx, Engels et Lénine, le livre s'achève par une méditation sur la place de l'intellectuel dans le combat révolutionnaire - méditation qui va jusqu'à l'interrogation sur la place de l'homme dans le perpétuel devenir" (André Breton, Oeuvres complètes, II, 1992, p. 1369).

Jeanne-Marie Cousin (1875-1955), épouse de Clément-Eugène Grindel et mère d'Eugène-Émile-Paul Grindel, dit Paul Eluard, du nom de jeune fille de sa grand-mère maternelle, était couturière et toute sa vie fut marquée par sa jeunesse pauvre et malheureuse. Son père ayant abandonné la maison familiale et sa mère étant morte très jeune, Jeanne garda sa vie durant le sentiment de malheur, l'angoisse de la pauvreté et le souci des petites économies, malgré une réussite indéniable et un embourgeoisement consécutif de la famille. Le poète gardera toujours pour sa mère un profond attachement (c'est elle qui s'occupera de sa fille, Cécile, après la séparation avec Gala), et communiquera cet attachement à ses amis, et au premier d'entre ceux-là, André Breton.

4 500 €