L’AVIS DU LIBRAIRE
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Exemplaire de premier tirage avec envoi daté du 17 novembre 1932 à ses amis Guillaume et Marcelle de Tarde |
De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité
Paris, E. Le François, octobre 1932
In-8 (24 x 16 cm), broché, couverture imprimée, 7 ff. n. ch., XIII pp., 381 pp., 1 f. n. ch.
Édition originale de la thèse de Lacan, texte fondamental dans le passage de la thérapie française de la psychiatrie à la psychanalytique.
Exemplaire de premier tirage, sans le titre de "Chef de clinique de la Faculté de Médecine de Paris" rajouté sous le nom de l'auteur dans les exemplaires de seconde émission.
Bel envoi autographe signé de l'auteur : "à Marcelle et à Guillaume / de Tarde / qui se partagent mon cœur / et mon esprit / Jacques Lacan / Ce 17 novembre 1932".
Broché, tel que paru, en très bel état, petite fente en pied de la première charnière.
Sur la vingtaine d'exemplaires connus de la thèse de Jacques Lacan revêtus d'un envoi, seuls 9 furent adressés à parution, en 1932, à des proches, amis ou confrères. Celui-ci est le sixième d'ente eux après ceux envoyés à ces parents, J.R. Cuel, Pierre Migault, Marguerite Badonnel et Sophie Morgenstern.
Fils de l'éminent sociologue, psychologue social et criminologue Gabriel Tarde (1843-1904) que Freud admirait tant, Guillaume de Tarde (1885-1989), ami de la première heure de Jacques Lacan, mena une brillante carrière dans l'administration et les affaires.
Pratiquant la graphologie à ses heures perdues, il fournit à Lacan l'analyse graphologique de Marguerite Anzieu (1892-1981), jeune psychotique, hospitalisée à l’hôpital Sainte-Anne après avoir agressé, deux mois plus tôt, sans raison apparente, une actrice, à l’entrée d’un théâtre dont l'observation et l'étude du cas "Aimée", telle que la prénomme Lacan dans ses travaux, constitue la partie la plus importante de sa thèse de médecine soutenue à l'automne 1932.
L'analyse de Guillaume de Tarde des écrits du cas Aimée dont « le graphisme frappe avant tout par sa rapidité, sa hauteur oscillante, sa ligne discontinue, le défaut de ponctuation » est transcrite en notes des pp. 174-175 de De la psychose paranoïaque :
« Culture. Personnalité. Sens artistique instinctif. Générosité. Dédain des petits choses et des menues intrigues. Pas de vulgarité. Fond de candeur, de virginité d'âme, avec des traits d'infantilisme. Réactions, rêves, peurs d'enfant. Élan intérieur, non sans rayonnement. Agitation, non sans son côté sympathique. L'un et l'autre pourtant d'une qualité plus intellectuelle qu'affective. Grande sincérité, vis à vis d'elle-même. Indécision. Volontaire malgré tout. Tendresse. Très peu de sensualité. Accès d'angoisse, qui développe chez elle un certain esprit de machination, des possibilités de méchanceté. En dehors des accès persiste chez la malade, non une hostilité, ni une méfiance véritables, mais bien plutôt une inquiétude continuelle, fondamentale, sur elle-même et sa situation ».
Jacques Lacan complète cette longue citation ainsi : « Nous nous excusons auprès de notre ami de rapporter, sans les avoir soumises à sa révision, ces expressions toutes verbales auxquelles il ne souscrirait peut-être pas en toute rigueur. Nous les avons trouvées trop remarquables pour ne pas les rapporter ici, fût-ce sous une forme imparfaite qui ne doit être imputée qu'à nous-même ».
Guillaume de Tarde avait épousé Marcelle Cléry (1898-1978) en 1922.
8 000 €
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