L’AVIS DU LIBRAIRE

 

Rarissime exemplaire en grand papier du texte majeur d’un philosophe érudit métamorphosé en poète

BACHELARD (Gaston)

L'Eau et les rêves

Essai sur l'imagination de la matière

Paris, Librairie José Corti, 1942

In-12 (19,3 x 12,5 cm), broché, couverture crème imprimée en bleu et noir, 2 ff. n. ch. (faux-titre, titre), 265 pp., 1 f. n. ch. (table des matières)

Édition originale.

Un des 15 exemplaires numérotés imprimés sur Alfax-Navarre, le n° IX, justifié à l'encre par l'éditeur et signé de ses initiales.

Broché, tel que paru, en parfait état.

Très rare en grand papier.

Chef d'oeuvre de l'auteur, L'Eau et les rêves fut publié par José Corti, pendant la guerre, le 1er avril 1942.

"C’est près de l’eau que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur. Si je veux étudier la vie des images de l’eau, il me faut donc rendre leur rôle dominant à la rivière et aux sources de mon pays.

Je suis né dans un pays de ruisseaux et de rivières, dans un coin de la Champagne vallonnée, dans le Vallage, ainsi nommé à cause du grand nombre de ses vallons. La plus belle des demeures serait pour moi au creux d’un vallon, au bord d’une eau vive, dans l’ombre courte des saules et des osières." (Gaston Bachelard)

À l’écoute de l’eau et de ses mystères, Gaston Bachelard entraîne son lecteur dans une superbe méditation sur l’imagination de l’eau. Son domaine s’élargit, le philosophe se laissant davantage guider par les images des poètes, s’abandonne à sa propre rêverie. Des eaux claires, brillantes où naissent des images fugitives, jusqu’aux profondeurs obscures, où gisent mythes et fantasmes.

Avec L’eau et les rêves, la méthode de Bachelard s’assouplit — il ne s’agit plus d’une psychanalyse, mais, comme l’indique le sous-titre, d’un "Essai sur l’imagination de la matière"—, en même temps que son domaine s’élargit et que le philosophe se laisse davantage guider par les images des poètes, s’abandonne à sa propre rêverie.

L’ouvrage suit une progression vers la profondeur, vers la substance. Commençant par les images qui “matérialisent mal”, les eaux claires, brillantes, qui donnent naissance à des images fugitives et faciles, Bachelard aborde ensuite les eaux dormantes, en utilisant particulièrement les passages de l’œuvre de Poe où revient le thème, chez lui obsessionnel, de l’eau lourde, de l’eau de mort, ce qui le conduit au fleuve des morts (complexe de Caron), au noyé qui flotte (complexe d’Ophélie).

Dans les “eaux composées”, Bachelard traite de l’équilibre des liqueurs, de l’eau qui brûle, de l’eau pénétrée par la nuit, de la terre imbibée d’eau. Remontant vers les archétypes symboliques, il montre l’eau, le liquide comme nourrissants, abreuvants et souligne leur caractère maternel, féminin. L’eau est aussi lustrale, moyen de purification ; il existe une "morale de l’eau". Deux chapitres, consacrés à la “suprématie de l’eau douce” et à l’“eau violente”, précèdent la conclusion qui évoque l’eau murmurante, l’eau qui parle. (Texte de présentation de l'éditeur)

3 000 €