LÉGER (Fernand) & CENDRARS (Blaise)


La Fin du monde filmée par l'Ange N.-D.

Paris, La Sirène, 1919

In-4 (31,6 x 25 cm), demi-box bleu pétrole à fines bandes, dos lisse portant les noms de l'auteur et de l'illustrateur poussés à l'œser jaune en long, décor à la lettre sur le premier plat constitué d'une mosaïque sur fond de toile jaune constituée de pièce de box bleu pétrole et noir et de toile rouge, sur le second plat disque de toile rouge sur fond toilé jaune, monté sur onglets, couverture et dos conservés (reliure signée Georges Leroux, 1979), non paginé, 30 ff. n. ch., étui bordé

Édition originale.

Illustré de vingt-deux compositions de Fernand Léger, dont vingt coloriées au pochoir dans le texte et deux en noir sur la couverture, alliant illustrations cubistes et jeux typographiques d'une grande modernité.

Un des 1 200 exemplaires numérotés imprimés sur papier Registre vélin Lafuma (seul tirage après 25 ex. sur papier de Rives à la forme), le n° 483.

Magnifique exemplaire, établi en reliure à décor par Georges Leroux en 1979. 

Les couvertures illustrées souvent défraichies sont ici en excellent état, très frais intérieurement. Infime tassement à la coiffe supérieure.

La Fin du monde filmée par l'ange N.-D. est le premier livre illustré en couleurs par Fernand Léger, et le deuxième de Cendrars illustré par Leger après J'ai tué, paru l'année précédente.

Léger et Cendrars se connaissaient depuis 1912, mais ce n’est qu’à la fin de l’année 1917 que se forgea une amitié nourrie notamment par un goût commun pour le cinéma. "La Fin du monde filmée par l'Ange N[otre]-D[ame], scénario prévu par Cendrars pour paraître dans Le Livre du cinéma, en 1918, fut publié séparément, illustré par Fernand Léger dans un mélange de typographie foisonnante et d'illustrations très colorées. Le volume est reconnu comme un modèle de la production de la Sirène mais aussi de la production éditoriale de cet immédiat après-guerre, en particulier pour sa modernité.

Rachilde en rendra compte de façon amusante dans le Mercure de France du 15 avril 1920 : Un ange se mord férocement le doigt sur la couverture, comme s'il regrettait de s'y compromettre [...]. Ça coute 20 fr., et c'est pour rien, étant donné la somme de couleurs très rares dépensées'." (P. Fouche, p. 71.) Pour ce livre majeur du XXe siècle, Léger "conçut têtes de chapitres sur double page et illustrations de façon à faire date dans l'édition moderne. Les illustrations étaient des reproductions de dessins dont les couleurs furent ajoutées au pochoir d'après les indications précises du peintre" (L. Saphire).

6 000 €