Amers
Paris, Gallimard, 1957
26,5 x 19,4 cm, broché, couverture gris clair imprimée en noir, 187 pp., 2 ff. n. ch.
Édition originale.
Un des 35 ex. numérotés du tirage tête imprimés sur vélin de Hollande van Gelder (avant 105 ex. sur vélin pur fil et 550 ex. sur vélin Prioux en cartonnage éditeur reliés d'après une maquette de Paul Bonet), le n° 26.
Très bel envoi autographe signé de l'auteur : "A Bernard Gheerbrant, / Breton d'élection et celle de conviction, / pour qui la chose poétique est / comme chose de mer / St-John Perse / Presqu'île de Giens, 1962".
Broché, tel que paru.
Rarissime en grand papier avec envoi significatif.
Librairie, éditeur et critique d'art, Bernard Gheerbrant (1918-2010) fonda la Librairie La Hune en 1944. La librairie déménage le 12 mai 1949 au 170, boulevard Saint-Germain et devient une galerie incontournable. Y seront organisées de nombreuses expositions, consacrées tant aux arts graphiques qu'à la littérature dont une consacrée à Saint John Perse en octobre 1962 titrée « Saint-John Perse et la mer » centrée autour des poèmes d'Amers.
Sont jointes trois lettres autographes signées de Saint John Perse à [Bernard Gheerbrant] en rapport avec la préparation de l'exposition « Saint-John Perse et la mer » :
LAS 1, 1 p. in-4, rédigée à l'encre sur papier pelure : "Washington, 5 mai 1962 / En hâte, cher ami, ce premier choix de 15 photos privées, dont vous utiliserez ce que vous jugerez bon. Elles sont toutes privées et inédites, appartenant à ma femme. Elle tiendrait beaucoup à les ravoir à Giens, et s'en remet pour cela à vos bons soins.
Elle en cherchera d'autres, de plus anciennes, à vous renvoyer ce soir ou demain.
Vous recevrez aussi d'elle une liste d'adresses d'invitations qu'elle vous établit en ce moment même. Amicalement à vous Alexis St. L.-Leger".
LAS 2, 1 p. in-4, rédigée à l'encre sur papier pelure : "Washington, 5 mai 1962 / Voici cher ami, pour étendre votre choix, un deuxième envoi de photos communiquées par ma femme (avec la même recommandation de sauvegarde, après utilisation, pour lui en assurer le retour, à Giens). Vous avez là beaucoup plus que le nécessaire et n'avez donc plus besoin de rien demander à Gallimard non plus qu'aux agences. Sous même pli la petite liste d'adresses demandée, que vous pouvez grandement réduire. Je vous serre bien amicalement la main. Alexis St. L.-Leger".
LAS 3, 2 pp. in-4, rédigée à l'encre : "Les Vigneaux, 17 8bre 1962 / Cher ami, Je ne vois pas bien comment je pourrais répondre au vœu transmis.
Les lignes maîtresses en rouge reportées, à votre demande, sur vos belle cartes marines, n'entendaient point se limiter au tracé de croisières particulières, mais couvrir, et souvent résumer, synthétiquement, tout ce que j'aurais pu fréquenter de mer au cours d'une vie d'homme, depuis mon enfance insulaire. Ce sont donc les résultantes d'un ensemble d'itinéraires multiples, souvent superposés, de toutes mes navigations, côtières ou de haute mer, depuis les grandes traversées en paquebots jusqu'aux courses de yachting, petit ou grand, aux randonnées de cabotage ou de pêche hauturière, et aux sorties en mer avec des indigènes.
Les "circonstances de voyages" sont sans portée, les "dates" multiples sont fortuites, et quand aux "noms" et "types" de navires, ils vont de paquebots et yachts d'amis aux voiliers de famille de mon enfance, en passant par trop de types de goélettes d'Europe, de schooners américains, de barques de pêche indigènes sur différentes mers, ou même de "tramps" ou petits cargos exotiques.
Encore tous mes vœux, très cordialement Alexis Leger
- je vous signale, à tout hasard, la publication inattendue (je n'ai jamais été consulté) de trois belles grandes images du photographe Lucien Clergue consacrées à trois pages d'Amers "Étroits sont les vaisseaux") dans le n° 6, Sept-Oct 1962 de la revue "Planète", (46 rue de Lille à Paris ; diffusion Denoël N.M.P.P.)
- Je sais qu'on hâte, en ce moment, chez Gallimard la "fabrication" d'un petit livre de Jacques Charpié sur Saint-John Perse pour la collection de la "Bibliothèque idéale". Peut-être pourrait-on en avoir quelques illustrations de mer, et sûrement, en tout cas, une chronologie détaillée de tous mes déplacements, an par an, pouvant répondre au vœu de Gheerbrant."
Précieux exemplaire de l'œuvre la plus connue de Saint-John Perse, pour laquelle il a volontairement emprunté le modèle de la tragédie et de la poésie grecques. Il s'inspira de sa lecture de Pindare pour composer cette ode à la mer (« [...] Et c'est un chant de mer comme il n'en fut jamais chanté, et c'est la Mer en nous qui le chantera ») en quatre parties distinctes: « Invocation » qui annonce le déferlement du poème, « Strophe » qui repartit l'entrée en scène des protagonistes, « Chœur » qui célèbre la conciliation des élans humains avec le rythme de la Mer, et « Dédicace » qui clôt l'ensemble sur la tentative de l'homme de saisir la faveur du chant accompli et de recouvrer son intégrité existentielle.
6 000 €
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